L’habit fait le moine !

La mode, le vêtement, l’habit, les fringues sont généralement considérés comme futilités, accessoires sans importance. Par conséquent, celles et ceux qui s’intéressent un tant soit peu, à la sape, sont considérés comme des écervelés, des individus qui ne peuvent pas s’intéresser à des sujets dits « sérieux » comme l’économie, la politique, la sociologie… Dans ce monde, tout est binaire, soit on est dans la mode et on a rien dans le ciboulot ou bien on est hyper intelligent, sur-diplômé et on s’habille comme un sac. Mais on ne peut surtout pas être à la fois cultivé, diplômé, et s’intéresser à la mode. Il faut choisir son camp… Le problème ne se pose pas que dans ce cas précis mais se rencontre dans tous les domaines. Si tu aimes lire, ça veut dire que tu ne sais pas utiliser un ordinateur, si tu aimes le rap, tu détestes la musique classique. On te range dans une case, on te catalogue ainsi et tu ne dois pas bouger, bon chien !

fringues 1

Quand le matin avant de partir au travail, une femme choisit soigneusement sa tenue, elle veut montrer à ceux qu’elle va croiser une image, l’image qu’elle aura choisi de refléter. Ce peut-être l’image de la femme dynamique et féminine, ce peut-être le côté garçon manqué qui est une part aussi de la personnalité féminine. Endosser un vêtement, c’est aussi jouer un rôle face aux autres.

Le choix de la tenue en fonction des personnes ou de LA personne que vous allez rencontrer, croiser… en fonction du lieu où vous vous rendez , en fonction de votre humeur, en fonction de vos références, permet de réaffirmer le principe suivant :  la mode n’est pas si futile qu’elle en a l’air.
A bientôt,
Flo

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Une renaissance !

Bonjour,

En ce 26 décembre 2013, j’ai eu envie de re-créer – après une première expérience qui date maintenant – un nouveau blog du nom de « mon p’tit tralala » en référence à la chanson interprétée par Suzy Delair dans le film « Quai des orfèvres », chanson qui à chaque fois que je l’écoute me donne une pèche d’enfer ! Je vous la conseille vivement c’est le meilleur remède à la morosité ambiante, expression chère à nos JT.

Pourquoi créer un blog, encore un blog de plus ?

Tout d’abord, parce que je suis une femme particulièrement influençable et quand je parcours la blogosphère, je trouve que certains blogs comme http://www.elsamuse.com/ ou le fameux http://soisbelleetparle.fr/ sont particulièrement bien fichus et bien écrits, alors moi aussi ça m’a donné envie de publier ! Cependant, loin de moi l’idée de les copier, j’en serais bien incapable, la plume acerbe et ironique de Violette est inimitable et les prouesses techniques de Elsa sont loin de ma portée informatique.

Quel contenu ?

Des coups de cœur culturels, Aïe l’adjectif qui fait peur ! Cinéma, livre et de la MODE aussi et principalement et du Blabla…

Flo.

Coupez-moi ces marronniers !

Aujourd’hui, un nouvel article de fond sur ce blog particulièrement inventif et créatif. Il y a quelques jours, vagabondant encore sur quelques blogs de modeuses particulièrement influentes, je stoppai mon mulot indomptable et fis une halte chez Violette de soisbelleetparle qui avait rédigé de sa belle plume un article beauté et qui présentait ses conclusions après avoir testé une crème.  Une crème pour quoi ? Je ne saurais vous dire, la marque, je ne sais plus… et le résultat du test, lu entre les lignes et je n’ai rien retenu ! Mais là, je m’égare, me direz-vous, puisque le test des crèmes et autres potions antirides est complètement hors sujet.

Bref, après avoir lu très attentivement l’article de ma consoeur 2.0, je lui laissai un commentaire dans lequel je donnais mon avis sur ces pseudo-tests  qui ne feront jamais avancer la science dermatologique d’un iota et je précisai que moi, je ne faisais confiance qu’aux échantillons pour tester une crème qui coûte souvent la peau des fesses!

Je lui exposai ensuite le problème que je rencontre régulièrement. En parfumerie ou autres franchises beauté, je dois souvent batailler dur avec les conseillères pour obtenir un petit échantillon. Lors de cette requête, la conseillère me dévisage de la tête au pied, prend une moue patibulaire ou presque et me remet du bout des doigts tel à une Cendrillon en haillons, un échantillon si minuscule que je ne peux  tester le contenu que sur le bout de mes doigts.

Ou bien le tube est si petit et dur qu’en le pressant de toutes mes forces, le peu de crème qui se trouvait à l’intérieur se retrouve projeté sur le carrelage ou le lavabo de la salle de bain, qui auront, semble-t-il, tous les bénéfices d’un onguent antirides et moi, et moi …

Ma chère Violette qui a toujours une solution à tout problème, me suggéra l’idée d’aller fureter à l’intérieur des magazines puisqu’elle même trouvait moult échantillons dans ces canards.

Alors, se posait un autre problème !

Depuis quelques temps, je n’achète plus de magazines MODE puisque je trouve qu’ ils nous proposent toujours les mêmes marronniers : la forme du jean qui vous convient, le cheveu plat et sec, le régime après la dinde de Noël, après l’agneau de Pâques, avant l’été, la chirurgie esthétique   à la façon de  Demi Moore ou de Donatella Versace ? L’interview d’Isabelle Adjani qui nous déclare, juré craché si …, qu’elle n’a jamais eu recours au bistouri et qui nous dévoile ses secrets de beauté :  boire, chaque matin, un jus de citron avec de l’eau chaude à jeun et marcher à l’ombre l’été…

Même les Unes manquent d’originalité ! Sur 21 numéros de « ELLE » (fin 2010-janvier 2012), 15 numéros présentent en Une une fille blonde ! Une rousse pas une seule … une fille faisant une taille 42, une seule fois et le magazine précise bien qu’il s’agit d’un Spécial RONDES ! On croit rêver !

Bien sûr, ce sondage n’a aucune valeur scientifique, mais à travers cette observation, je me dis que tout cela manque bien d’originalité et de NEUF !

Je préfère maintenant aller sur les blogs que j’ai sélectionnés,  j’y vois des femmes ou  des filles au physique non standardisé, qui proposent des articles très différents : des looks pou petits, moyens ou gros budgets, de l’histoire de la mode, de la poésie, j’y croise des parcours variés et sans prise de tête,  j’y découvre des histoires qui me font rire, j’y vois des pays, des villes ou des restos, et je me régale en lisant la prose de certaines.

Mais, là encore, je ne voudrais pas dresser un constat trop manichéen, avec les  mauvais magazines et les bons blogs. Ces derniers temps, j’ai hélas constaté que sur la blogosphère, je n’étais pas à l’abri de ces fameux marronniers : le fluo qui pique les yeux et la collaboration entre un suédois et un italien ! Moi, je dis STOP !

A mon avis, la personne qui a le mieux traité le dernier sujet est Yelle sur GlobeMode.

Bises.

Bigoudi.

Marronnier : Argot journalistique. Terme qui désigne un sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons, dans la presse. Source : CLEMI

Exemples :

La rentrée des petits, le poids des cartables, la rentrée en sixième…

Les départs en vacances en juillet, en août

La neige : stations de ski, absence ou abondance de neige

Le baccalauréat : les révisions, les résultats, les inscriptions postbac !!!!

P.S. : Un grand merci pour vos commentaires. J’adore lire vos réactions et découvrir notamment vos petits plaisirs sur l’article précédent.

Icônes

Aujourd’hui, dimanche 18 décembre, j’aurais pu vous proposer un article sur les décorations de Noël à fabriquer soi-même, avec du houx que je serais allée ramasser dans les bois, du papier de soie qui m’aurait coûté un bras, … Or,  le travail manuel et moi, on est fâchés depuis les cours d’EMT au collège. Ah que de souvenirs ! Les jeunettes qui liront cet article n’ont pas eu la joie de connaître l’EMT ! QUEL DOMMAGE ! L’Education Manuelle et Technique : des cours de cuisine lors desquels j’ai réalisé des recettes immangeables, des cours de couture durant lesquels j’ai confectionné un gilet qui aurait pu se retrouver sans problème dans « Le père Noël est une ordure » et des cours de menuiserie dont je n’ai plus aucun souvenir, black out total !

J’aurais pu également vous proposer quelques idées de recette pour vos repas de fêtes. Recettes que j’aurais copiées – collées à partir d’un site de cuisine. Mais, là encore, il y a incompatibilité puisque j’ai décidé de me mettre à la diet. Oui, je sais c’est pas vraiment le moment, mais j’ai l’esprit de contradiction.

Dernière option que l’on trouve partout, j’aurais pu vous montrer le dressing idéal pour les fêtes. La petite robe noire, les chaussures qui vont avec, etc.

Non, aujourd’hui je voulais simplement vous montrer les actrices que je considère comme des icônes. Elles sont belles à tomber mais pas que ça !

Régalez-vous !

Bises

Bigoudi

La vie rêvée d’un ange

Titre emprunté au film « la vie rêvée des anges «  réalisé par Erick Zonca.

Aujourd’hui, je reviens vers ma passion dewaerienne, je vous proposerais dans quelques jours un nouvel article modeuse. Cette alternance Fondu au noir / Bigoudis me convient bien.  J’ai le sentiment que cela a permis, je croise les doigts, à mon petit blog d’atteindre sa vitesse de croisière.

Lorsque j’ai rédigé l’article sur « Série noire » publié le 07 décembre, j’ai relu la préface du livre de Rémi Fontanel « Patrick Dewaere, le funambule« , préface rédigée par Sotha, qui a créé avec Patrick Dewaere, Romain Bouteille, Miou-Miou et Coluche, le Café de la Gare.

Je voudrais vous citer la première phrase de cette préface qui a particulièrement retenu mon attention : « A l’heure où j’écris ces mots, Patrick aurait 63 ans, ou plutôt il ne les aurait pas, il n’aurait jamais supporté. » Elle écrit bien, Sotha, une amorce comme celle-ci, c’est du grand art !

Pour ma part, j’ai toujours beaucoup de mal à adhérer à cette vision des choses. Moi, je l’aurais bien vu à 40, 50, 60, 70 ans, Patrick Dewaere.  Je n’en dirais pas plus sur sa volonté de nous quitter si précipitamment parce qu’il ne m’appartient pas d’évoquer ici les différentes raisons pour lesquelles il a décidé de tirer sa révérence. C’est sa vie, et cela lui appartient. Et moi, ces choses-là ne me regardent pas !

Moi, je voulais seulement imaginer sa vie, s’il avait changé d’avis… Je vous le jure, mes chers lecteurs et lectrices, il n’y aura pas de pathos !

L’année 82 aurait été difficile bien sûr, sans doute une rupture amoureuse, des problèmes avec le fisc, un gros coup de blues et des films qui n’auraient pas forcément trouvé leur public. Et alors pas de quoi fouetter un chat !

Les films que Patrick Dewaere choisissait à cette époque évoquaient des sujets trop pointus, trop éloignés des goûts du public de l’époque. Il aurait moins tourné et alors, il serait retourné au Café de la gare, une pause théâtre pour recharger les batteries, pour se payer des grandes tranches de rigolade. Il aurait moins gagné de fric et alors « l’argent, l’argent, y a pas que ça dans la vie »,  se serait-il dit. C’est l’amitié, l’important.

Quelques mois après, il aurait inspiré de bons films à ses potes Boisset, Blier et Corneau (Patrick Dewaere est » un sujet en lui même »). Il aurait tourné « Tenue de soirée » (comme il était prévu), heureux à nouveau de jouer aux cotés de la Miou ! Il aurait enfin pu tourner sous la direction de Bertrand Tavernier, peut-être « L.627″ ou un autre film, une adaptation d’un livre de Jim Thompson. Il aurait retrouvé Téchiné et peut-être Sautet qui lui aurait trouvé  un personnage à la » César ».

Puis, il aurait rencontré de nouveaux metteurs , Philippe Lioret, le grand Jacques Audiard… Il aurait tourné aussi avec Besson. Mais, le film ne lui aurait pas plu, alors, il lui aurait dit sa façon de penser, sans détour, comme toujours.

Il serait fier et aussi un peu gêné que la nouvelle génération d’acteurs comme Duris, Cassel, Rahim le citent comme modèle. Et le César du meilleur acteur, l’aurait-il décroché ? Oui bien sûr mais cette fois-là, il n’aurait pas assisté à la cérémonie. Ras le bol de cette masquarade ! Et puis le port du smoking, c’est pas son truc !

Dans les années 90, il aurait tourné un ou deux films en Amérique. Mais il n’aurait pas réalisé son rêve américain.  Sans regret, il serait revenu en  France, ce sont les metteurs français qu’il inspire.

Il aurait peut-être tourné dans une pub, de quoi payer ses impôts et pouvoir faire les films qu’il voulait, avec qui il voulait et quand il le voulait. Oui, il aurait fait de la pub pour une marque de café, ses copains du Café de la gare l’auraient charrié. Moi, j’aurais voulu qu’il tourne une pub pour Guerlain, Dior, Hugo Boss… What else !

Il aurait re-tenté sa chance dans la chanson. Il aurait demandé  au fils d’un de ses meilleurs potes, M de lui écrire une chanson, ils auraient composé ensemble la musique et il aurait fait un duo avec  le fils de Jacques Higelin, Arthur H. Ah oui, ce serait vraiment bien !

Un dimanche après-midi, il serait venu s’asseoir sur le canapé rouge de Michel Drucker après que celui-ci lui ait lancé 2 ou 3 fois une invitation. Ses frères, sa soeur et lui aurait fait un boeuf sur le plateau de Drucker. Miou serait venue, Bouteille peut-être, Sotha sûrement, Boisset et Corneau sans aucun doute, Mado aussi. Drucker aurait insisté pour que Mado évoque  une ou deux anecdotes sur le jeune Patrick Maurin. Gêne sur le plateau !

Pour assurer le service après vente de ses films, il serait venu au Grand journal, il se serait bien marré en voyant  » Bref » et le « SAV ». Auparavant,  il serait passé chez Ardisson pour une interview rock ‘n roll.

En 2007, il aurait soutenu Bayrou. Moi, j’aurais voulu qu’il vote PS. Mais de quoi je me mêle ? Cest à LUI que Kerven et Delépine auraient proposé le rôle principal de Mammut. Il aurait interprété ce rôle de prolétaire à la retraite avec aristocratie.

Sur les plateaux de cinéma, il aurait rencontré des femmes, les aurait séduites, les aurait prises dans ses bras, les aurait embrassées, dans la vraie vie aussi. Il aurait tourné avec Mélanie Laurent pour laquelle il aurait eu un gros coup de coeur. Moi, j’aurais préféré qu’il tombe sous le charme de Audrey Tautou. Je la trouve irrésistible Audrey Tautou. Mais,  de quoi je me mêle, encore une fois ?

Physiquement, il se serait fait couper les cheveux très courts pour camoufler sa calvitie, il s’habillerait en noir, il ferait encore beaucoup de sport pour garder la ligne. Malgré cela, il aurait quelques kilos en trop et alors, ça ne lui irait pas si mal. Et puis, chez lui on ne regarde qu’une chose, ses yeux de chat qui nous captivent !

Et moi, et moi et moi, je fais quoi dans cette histoire ? J’aurais voulu absolument le voir en vrai, alors je me serais déplacée à un Festival, je ne l’aurais pas vu. Alors, j’aurais assisté à une projection de film où il aurait été présent avec son réalisateur pour un échange avec les spectateurs, mais cette fois-ci, j’aurais été placée au fond de la salle et je n’aurais pas osé me lever pour poser une question. Puis, finalement, un jour à  Paris, je l’aurais croisé dans la rue, par hasard. Je me serais demandée si c’était vraiment lui. Oui, ce serait LUI, Patrick Dewaere. J’aurais bredouillé quelque chose. Il n’aurait pas très bien compris. Il aurait seulement pointé ses grands yeux vers les miens. Et moi, j’aurais rougi. Il aurait continué son chemin. Des larmes sur mes joues, des larmes de joie, sans aucun doute, avec une pointe de dépit.

Je vous embrasse mes chers lecteurs et lectrices.

Flo.

Les illustrations ont été choisies par Valentine de « In the street of mode » à partir de Google images.

Le livre cité au début de l’article est : « Patrick Dewaere, le funambule » de Rémi Fontanel, éditions Scope , 2010.

Savourez les dialogues de « Série noire » de Alain Corneau

Comme le sphinx, oui rien que ça, Fondu au noir & bigoudi renaît de ses cendres, mes chers lecteurs et lectrices.

Aujourd’hui, j’avais envie de parler de registres de langue, d’expressions populaires, de langage.

Alors là, j’en vois certains se munir rapidement de leur mulot et s’approcher de la croix qui permet de fermer rapidement la page web…. NON, non ne faites pas ça !!! Ca  a l’air comme ça un peu barbant, rasoir… Mais vous allez voir, mes amis, que je ne vais pas vous proposer un cours de linguitique, je vous promets de ne pas faire non plus mon Alain Rey (le bonhomme qui ressemble à une sorte de père Noël transgénique et qui s’occupe des Robert – les dictionnaires).  Amis de France Culture, anciens auditeurs de France Inter bonjour, enfin bref toute l’Education nationale ! On dirait que Bigoudi vise un lectorat élitiste, intello.  J’en entends certains se dire « Qu’est ce qu’elle se la pète celle-là ? Si, si je vous jure, j’ai une sorte de 6ème sens pour entendre ça.

Bref, après cet aparté, je reviens à mon sujet. Depuis quelques semaines, j’encadre, avec mes collègues, des élèves de 1ère qui doivent réaliser pour fin janvier 2012 un travail personnel à partir de sujets qu’ils ont choisis. Un groupe d’élève a choisi de réécrire un extrait de pièce de théâtre, de l’adapter dans un langage plus contemporain. Lors d’une séance, les élèves nous avaient fait la lecture de ce qu’ils avaient déjà rédigé afin que nous puissions leur donner quelques conseils. A un moment donné, nous nous sommes arrêtés sur une expression qui était « passer un coup de fil ». L’un des personnages se levait de table et disait aux autres qu’il devait passer un coup de fil. Je leur ai demandé de remplacer cette expression par une autre plus argotique, plus imagée.  Et là , je leur dis :  Votre personnage pourrait dire  » je vais passer un coup de bigot » . Ah j’étais fière de moi. Oui, je l’avoue fière comme Artaban,  jusqu’à ce que je vois dans les yeux des élèves l’incompréhension totale. Le flop . Les yeux des élèves s’étaient arrondis comme ceux d’un chat qui croiseraient les phares d’un bolide, en pleine face. Cette expression « coup de bigot » ne leur disait vraiment rien. L’un des élèves m’a alors dit : Ah ! Mais, Madame, nous, on dit phoner ou textoter !  J’ai répété alors : Ah oui, c’est vraiment pas mal textoter ou phoner ! Oui, c’est bien …

J’aime beaucoup toutes ces expressions imagées, les utiliser, les employer en ajoutant avant « Comme disait ma grand-mère… »

J’ai ensuite réfléchi à l’expression que j’avais proposée aux élèves « passer un coup de bigot » Pourquoi celle-là et pas une autre ? Je ne l’emploie pas souvent celle-ci ? Et puis je me suis rappelé que cette expression, je l’avais entendue plusieurs fois en visionnant X fois le film de Corneau « Série noire ».

Ah j’y arrive. Pour ceux et celles qui ne connaitraient pas le film, je vous fais le pitch. Oui, comme Thierry Ardisson !

Un reprèsentant de commerce du nom de Franck Poupart, travaille pour le compte d’un patron Stapelin (magistral Bernard Blier ) et n’arrive pas à fourguer ses marchandises de médiocre qualité. Lors de ses portes à portes, il  fait la connaissance  d’une jolie jeune fille, une sorte de Lolita interprétée par Marie Trintignant. Cette fille vend ses charmes pour le compte de sa tante. Franck  Poupart va apprendre par la jeune fille que la vieille a amassé un gros magot. Il va donc se donner comme mission de supprimer la maquerelle, d’empocher le magot et de sauver la fille, sauf que son patron va s’en mêler.

J ‘aime ce film pour une foultitude de raisons, et en particulier pour ces dialogues truffées d’argot, d’expressions créées de toutes pièces. Il faut dire que les dialogues ont été écrits par Georges Pérec, l’auteur de » Les choses », » la Disparition ».

Franck Poupart est censé être un personnage de film noir, genre dans lequel le héros manipulé par une femme, incarnation du Mal  dissimulé derrière la beauté, est poussé à commettre le mal, l’irréparable. A ce titre, Poupart peut être considéré comme un héros de film noir puisqu’il commet des crimes sous l’influence de la jeune Lolita, du moins pour la libérer des griffes de sa vieille tante qui l’oblige à se prostituer.

Pour une petite mise en bouche, quelques répliques de Franck Poupart :

« Ben quoi, c’est pas la peine de me regarder avec les yeux du zouave de l’Alma, là ! Tu me cherches, tu me trouves. Mais tu vois quand j’ peux me laisser aller, j’ suis plutôt le type bien, genre Saint-Bernard. Le coeur sur la main. La main dans la poche. »

« C’est fini, ces cochoncetés-là. Toi comme feu aux fesses, c’est plutôt la tour infernale. »

Mais dans Série noire, du fait que le héros emploie un langage particulièrement imagé, cela crée une sorte de décalage entre l’image du héros traditionel des films noirs, notamment américains et le héros créé par Corneau et Pérec à partir du roman « des cliques et des cloaques » de Jim Thompson. En écoutant parler Poupart, le spectateur a le sentiment que le personnage veut endosser le costume du héros de film noir mais que ce costume est vraiment trop grand pour lui et qu’ il n’en a pas vraiment la carrure.

Ce film contient également une sorte d’enchassement à trois niveaux :

– Patrick Dewaere, l’acteur,  interpréte le personnage de Franck Poupart.

– Franck Poupart essaie de jouer au héros du film noir qui sauve la jeune fille du Mal.

Les dialogues permettent au spectateur de rire ou du moins de sourire, avant de s’en prendre plein la figure, et d’être confronté à des scènes de désespoir ou des scènes de crime. Ces dialogues permettent ainsi de dédramatiser l’intrigue qui est particulièrement noire.

Enfin, j’ai la conviction que ces dialogues ne pouvaient être interprétés que par Patrick Dewaere parce que  je pense que  l’humour qu’ils dégagent ressemble à l’humour que devait affectionner Dewaere ou qu’il inventait dans la vie, j’ai ce sentiment notamment depuis que j’ai relu la préface écrite par Sotha pour le livre de Rémi Fontanel.

Je vous invite à voir ou revoir « Série noire » et à apprécier les dialogues…

Je vous embrasse chers lecteurs et chères lectrices.

Bigoudi.

J’attends avec impatience vos remarques, vos suggestions…

Moderne et intemporel…

 

Source : Première n° 183 – Juin 1992.

Aujourd’hui, je voulais vous faire partager cette photo.

Quand a-t-elle été prise ? On pourrait dire qu’elle a été faite cette année, l’an passé, il y a peu de temps…

Or, elle date sans doute de 1978 , vraisemblablement autour de 1978.

Sur la photo, l’acteur Patrick Dewaere, sûrement lors du tournage de « Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier ou peu après le tournage. Le personnage qu’il interprète dans ce film porte la barbe et a un faux air à Bertrand Blier, le metteur en scène.

Il porte une chemise blanche et un gilet noir. Il nous regarde droit dans les yeux. Il sourit légèrement.

Il doit être assis sur la plage. Je possède une autre photo où il est photographié en pied. Et on peut deviner à partir du deuxième cliché qu’il se trouve dos à la mer, assis sur le sable. Sur quelle plage ? Je n’en sais rien… La côte atlantique, la lumière est entre le bleu et le gris. J’aime beaucoup l’océan, et puis cela correspond davantage à la personnalité de Patrick Dewaere.

A quoi pense-t-il à ce moment-là ?

Au prochain film qu’il va tourner, à ses potes, à ses amours… au verre qu’il ira prendre après cette séance photo qui l’ennuie un peu. La promo, c’est pas son truc. Un acteur n’a pas besoin de faire de pub de son film à la télé pour que les spectateurs viennent le voir. Si l’acteur fait bien son boulot, les spectateurs viendront spontanément voir son film.

Qui a pris cette photo ?

Je ne sais pas. Pas moi ! Dommage… Ah ce que j’aurais aimé  être derrière l’appareil et prendre ce cliché.

A bientôt

Flo.